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L’Attaque des Titans, ( Shingeki No Kyogin)

28 Oct

  Tout commence en mars 2013, lorsqu’une mystérieuse bande annonce circule sur la toile. Intitulée Attacks on Titan, cette dernière nous dévoile un cadre moyenâgeux dans lequel s’affrontent des humains et des colosses écorchés. Les images sont à la fois terribles et sidérantes tant par la violence que par le dynamisme des combats. C’est alors que commence le buzz sur ce qui s’annonce comme le manga shonen le plus épique jamais dessiné. Toujours alerte sur les œuvres de l’imaginaire originales, Pégase Mécanique vous passe au crible ce nouveau phénomène de librairie.
La question se pose alors : Shingeki No Kyogin est-il le nouveau prétendant au trône du meilleur shonen de l’histoire ?

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  Publié depuis 2009 dans le magazine japonais Bessatsu Shōnen Magazine, L’Attaque des Titans est un manga scénarisé et dessiné par Hajime Isayama. L’histoire prend place dans un univers où l’humanité toute entière a été décimée par des titans. Les derniers êtres humains vivent retranchés dans une gigantesque cité ceinte par une haute muraille. Cette ville fortifiée, divisée en plusieurs districts, est le dernier refuge contre une menace dévastatrice, mais surtout vorace. Forcé de vivre en ostracisme, l’Homme n’est plus le prédateur dominant sur Terre puisque le monde appartient désormais aux titans.
Pour faire face, il existe trois types de bataillons spéciaux pour endiguer la horde de géants gloutons :

  • La garnison  :  troupe qui œuvre principalement au renforcement des murailles et à la protection des villes.
  • Le bataillon d’exploration  : éclaireurs chargés des missions de reconnaissance à l’extérieur des murs. Il s’agit de la section d’élite des soldats.
  • Les brigades spéciales : placées sous l’autorité royale, elles permettent de contrôler le commun du peuple et de maintenir l’ordre.
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Le Colosse (1810-1817), Francisco de Goya

  L’ensemble de cette force militaire utilise un système spécifique appelé le harnais de manœuvre tridimensionnelle. Cette méthode de combat aérien met en œuvre un gaz comprimé dans des cartouches et deux câbles d’acier destinés à harponner des titans mesurant de 4 à 50 mètres de haut.
Eren, le personnage principal, incarne la tête brulée du groupe. Particulièrement fougueux, il est aussi téméraire que fédérateur au sein du bataillon d’exploration qui incarne l’ultime espoir. Mikasa, sa sœur adoptive, allie à la fois la volonté inébranlable et la femme protectrice. Enfin, nous retrouvons Armin, le personnage le plus faible physiquement mais doté d’une intelligence propice à l’analyse et à la stratégie.
C’est dans ce décor à la fois post-apocalyptique et médiéval que commence la narration ; l’humanité n’a subi aucune nouvelle attaque ces 100 dernières années lorsque soudain la silhouette d’un titan colossal apparaît au-dessus de la muraille réputée infranchissable.

Saturne - Goya

Saturne dévorant un de ses fils (1819-1823), Francisco de Goya

  Rentrons dans le vif du sujet. Bien qu’SNK présente tous les poncifs du shonen classique ce dernier semble, au fur et à mesure de l’histoire, venir briser les codes du genre.
Pour commencer, il faut noter que L’attaque des titans ne brille pas  par sa qualité graphique. Les physionomies et les proportions des personnages sont souvent maladroites. Mais ce que perd Hajime au niveau de son trait, il le gagne très nettement au niveau de la mise en scène avec ce souci constant du bon angle.
D’un autre côté, cette faiblesse au niveau du dessin participe dans une certaine mesure à amplifier le misérabilisme constant qui imprègne ces derniers hommes, mais nous y reviendrons. A l’inverse, le design des titans semble parfaitement voulu par son auteur et rappelle les peintures de Francisco de Goya. A juste titre, le parallèle entre les géants de Hijame et la peinture intitulée Saturne dévorant un de ses fils est assez saisissant.
D’aspect grotesque, le titan est une créature effroyable pour plusieurs raisons. Totalement dénués d’intelligence, ces monstres semblent se contenter de tuer et de dévorer les humains, comme si finalement, le titan les gobait non par faim mais à simple fin d’éradication. De plus, l’aspect colossal de ces parodies d’être humain est justement le véritable problème pour nos héros : leur taille les rend en effet difficiles à vaincre et les pertes humaines pour tuer un seul d’entre eux sont considérables. Tout cela contribue à en faire de redoutables ennemis.

  En dehors des hommes mis à genoux et la quasi-invincibilité des titans, la force majeure de ce manga réside par-dessus tout dans son ambiance. Quand bien même le reste de l’humanité est dans une posture critique dès son postulat de base, la sensation d’angoisse qui tétanise les personnages à la vue d’une seule de ces créatures écrase toute leur volonté de combattre ou de survivre. Dès lors, la noirceur de l’œuvre vient bousculer un peu plus la catégorisation « shonen » du manga.
Plongés dans un désespoir total, les survivants de ce massacre sordide sont renvoyés à leur propre condition d’être humain faible et fragile. Ainsi, La vision d’un titan dévorant un être cher sous les yeux d’un autre humain pétrifié de terreur offre un concentré de sinistrose jamais atteint.
Dans ce shonen qui n’en est pas vraiment un, l’impuissance domine les hommes. Mais Eren, le héros de cette histoire, va incarner cette résurgence d’une volonté mise à mal.

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  Avec un tel retentissement critique et son succès en librairie – premier manga de l’histoire à faire de l’ombre à One Piece d’Eiichiro Oda dans le top Oricon depuis le printemps dernier – il était indéniable qu’une adaptation en animé voit le jour.
En effet, c’est en avril 2013 sur la chaîne MBS que commence une première saison de 25 épisodes. Pour le coup, le résultat est à la hauteur des espérances et les apports artistiques de Wit Studio, filiale du studio IG Port, viennent gommer les défauts inhérents au style d’Hajime. Dans son ensemble, l’animé restitue avec une grande fidélité ce ton à fleur de peau qui parcourt le support papier. L’animation est d’une fluidité exemplaire : le dynamisme, si caractéristique dans les combats, prend une dimension épique et une hauteur à couper le souffle.
Enfin, l’animé vient tout juste de rafler l’ensemble des prix des Newtype Anime Awards 2013, l’équivalent des Emmy Awards des animés, dont celui de la meilleure réalisation.
Pour conclure sur un avis pégasien, sachez que l’univers de L’Attaque des Titans, quelque soit le média, va de surprise en surprise au niveau de sa narration. Digne héritier de Berserk, c’est une œuvre transgressive tant par son déchaînement de violence graphique que par les thèmes humains qu’elle met en exergue.

L’Attaque des Titans / Tome 1 à 3 / Pika Edition

Morgan pour Pégase Mécanique

 
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Publié par le octobre 28, 2013 dans Livre

 

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